Bordeaux, champion en titre retrouve son trône...
mardi 1er décembre 2009, par Emilien Saugrin

La quinzième journée de Ligue 1, disputée ce week-end sur des terrains inondés par des pluies diluviennes, a livrée quelques enseignements malgré le manque d’un "match vedette". On retiendra qu’après son court intérim d’une semaine notre "Casa Blanca" française, l’AJ Auxerre, est rentrée dans le rang. Les Girondins ont en effet repris leurs droits après une belle rencontre "d’aqua-football".
Seuls vainqueurs à l’extérieur en cette fin de semaine pauvre en but
(seulement 19 en 9 matchs) en attendant le Monaco-Montpellier, les bordelais en ont fini avec leur spirale de résultats négatifs. Après trois revers successifs, ils ont fait l’étalage de tout leur talent en dominant de la tête et des épaules une équipe nancéenne plutôt faiblarde sur le plan technique. Gérant avec brio les éléments défavorables, l’équipe girondine a confirmé au plan national des qualités entrevues en Ligue des Champions. Le match remporté contre la Juventus leur a d’ailleurs "ôté une charge psychologique" selon Alou Diarra.
Bravant donc les froid et la pluie, les hommes de Laurent Blanc, présentit pour remplacer Raymond Domenech à la tête de l’équipe de France pour la Coupe du Monde, avaient à coeur de prouver qu’ils étaient "capables de prendre des points à l’extérieur". Et il ne leur aura fallu qu’une vingtaine de minutes pour ouvrir la marque par l’intermédiaire de Fernando aux vingt mètres. Certes contre le cours du jeu, cette ouverture du score a permis aux girondins de hausser le ton en seconde période avant d’assurer définitivement leur victoire avec des buts de Wendel après un slalom entre les défenseurs Lotiès et André Luiz (60ème) et de Gouffran (74ème), certainement l’homme du match au vu de sa belle prestation (1 passe décisive, un but).
Bordeaux confirme qu’il est capable de gagner sans Gourcuff et envoie un message fort à la concurrence qui a du mal en cette fin d’automne : Ils veulent le titre pour la seconde fois consécutive !
Au Parc des Princes, fin de série pour les auxerrois. Les hommes de Fernandez restaient sur sept victoires de rang. Ne marquant que très rarement hors de leur terre (3 buts marqués à l’extérieur en Ligue 1), ils ont une nouvelle fois cruellement pêchés dans la finition. Daniel Niculae éprouve de grandes difficultés à faire oublier Jelen à la point de l’attaque de l’AJA. Si le roumain s’était montré plus adroit, ses coéquipiers auraient pu croire au match nul tant le match pauvre techniquement des deux côtés. Paris l’emporte donc sans gloire et sans convaincre grâce à un but de Clément à la 66ème sur une belle tête piquée. La joie est cependant mesurée car à la 82ème, sur un ballon anodin, l’ex portier de l’équipe de France (34 sélections) Grégory Coupet s’est brisé la cheville, on ne reverra plus sa crinière brune sur les terrains de Ligue 1 avant 2010. Pour les auxerrois, "il va falloir vite réagir" mais les solutions semblent s’être évaporées depuis l’annonce de la blessure de leur serial-buteur polonais. Un chiffre montre d’ailleurs l’importance du numéro 22 dans l’effectif bourguignon : Avec lui, l’AJA prend 2.75 points par match ! Lorsqu’il est indisponible, cette stat passe à 0.66 pts/match...
Depuis leur match historique du 8 novembre dernier (5-5 à Gerland), les deux olympiques (Lyonnais et Marseillais) ressentent, tous deux, un grand coup de pompe. Pourtant séduisants en Ligue des Champions, les Marseillais ont sombré en terre Lensoise.

L’OM aura joué cette rencontre sans défense digne de ce nom. Le quatuor Taiwo, Hilton, Diawara, Bocaly a montré de (trop) nombreuses faiblesses. Laissé au repos, Gabriele Heinze et sa rage de vaincre a cruellement manqué à des marseillais transparents. Le turn-over de Deschamps est, pour la première fois, remis véritablement en question. Mais que fallait-il faire ? Obtenir le nul (car c’est tout ce que les olympiens pouvaient espérés après une telle prestation) à Bollaert ou mobiliser ses forces pour le rude combat qui les attend face aux Madrilènes...Pour moi, la réponse est toute trouvée !
Ceci n’excuse cependant pas les errements répétés de cette défense : Taiwo a encore (et toujours) des progrès a faire tactiquement Bocaly, trop tendre, a concédé un pénalty dont l’équipe se serait bien passé (opportunité loupée par Demont d’ouvrir le score)...heureusement que Mandanda est là sinon, imaginez un peu les dégâts !
Le gardien de but marseillais n’a rien pu faire lorsqu’à la 93ème minutes, dans les arrêts de jeu, Eduardo, entré un quart d’heure plus tôt, s’est retrouvé seul pour inscrire le but de la délivrance nordiste. Une erreur de marquage collective, symptomatique du mal qui ronge les marseillais depuis le début de la saison. Autre résultat décevant pour un
cador présumé du championnat, l’OL auteur d’un bien triste mois de novembre. Après leur défaite en Italie (0-1 face à la Fiorentina) qui hypothèque fortement leur chance de terminer premier de leur poule, les lyonnais n’ont plus remporté le moindre match en championnat depuis fin septembre, une honte pour un club qui vise si haut ! Inoffensifs, Lyon s’est montré imprécis n’arrivant pas a posé le pied sur le ballon. Les Rennais, point intimidés par l’enjeu (ils sont invaincus à Gerland depuis 2005), n’ont pas attendu bien longtemps pour en profiter. Bangoura trouve, dans l’intervalle, Gyan qui d’une frappe croisée du droit trouve le poteau et bat Lloris. Ce dernier, ne pouvant rien faire contre la passivité de sa défense, a d’ailleurs déclaré après le match : "Le bilan est catastrophique sur novembre. Il va falloir prendre les points nécessaires en décembre". A par Lloris, un autre lyonnais s’est démarqué de cette homogénéité de la médiocrité. Il s’agit de Lisandro Lopez, le battant de la formation de Puel. Triturant la défense bretonne, l’argentin a inscrit son dixième but toutes compétitions confondues d’un superbe coup-franc. Celui-ci rappelle étrangment celui de la première journée quand Lisandro avait pris ses responsabilités en décidant de le frapper dans les arrêts de jeu. Le résultat est le même : égalisation de l’Olympique Lyonnais (42ème cette fois ci). Après ? Plus rien ou du moins pas grand chose d’intéressant à se mettre sur la dent. Car dans le genre déluge pluvial, on a déjà donné ! On peut tout de même féliciter le sauveur rennais qui, tel Noé, a su maintenir son équipe à flot malgré ces conditions exécrables. Sortant plusieurs parades de grandes classes, il a fait oublié, le temps d’une soirée, le pauvre Nicolas Douchez, victime d’une entorse de la cheville à l’entrainement.
Finalement Lyon en reste là et profitant d’un resserrement en tête du classement garde sa seconde place...pour le moment.
Dans les autres rencontres de cette 15ème journée de Ligue 1 riche en désillusions pour les "soi-disant" ténors du championnat, le carrée surprise (Auxerre, Lorient, Montpellier et Valenciennes) n’a pas continué sur sa lancée victorieuse. Les Lillois atomisent leur voisins valenciennois 4-0 lors d’un derby à sens unique (Frau 42è, Gervinho 52è, 61è et Cabaye 87è s.p.), comme le soulignait le coach Montanier à la fin du match :"On a fait preuve d’une belle unanimité : on a été mauvais tous ensemble !", les hommes de Gourcuff, le père, n’obtiennent quant à eux qu’un piètre (mais chanceux) match nul contre Grenoble, une nouvelle fois volé par une erreur d’arbitrage. Trop, c’est trop pour Bazdarevic qui conseille aux arbitres d’acheter des paires de jumelles, une idée à soumettre à la FIFA pour sa réforme de l’arbitrage ! On attend toujours la date du match Monaco - Montpellier, encore grippé. Sinon, Le Mans et St-Etienne ont fait match nul 1-1 (Le Tallec 74è répondant à un but d’Illan 18è) et Sochaux bat Nice 1-0 (Mikari 29è).
SAUGRIN EMILIEN
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