Coupe du monde 2 Juillet, il y a 4 ans

Coupe du monde 2010 - Brésil : Dunga met fin à la samba

Image Coupe du monde 2010 - Brésil : Dunga met fin à la samba

L’échec du mondial allemand a marqué tout un pays qui vit au rythme du football. Les brésiliens ne comprennent toujours pas la faillite du carré d’as (Ronaldinho, Ronaldo, Kaka, Adriano) contre nos Bleus en quart de finale. La Seleçao arrivant en Allemagne avec le statut de grandissime favori pour le titre mondial. Leur football champagne faisait merveille et on ne voyait aucune défense, aussi solide soit-elle, réussir à résister à l’armada offensive auriverde. Mais à force de vouloir faire du football un spectacle, les brésiliens en avaient oublié le pragmatisme d’une grande compétition.

Exit donc le vieillissant Carlos Alberto Parreira et la vieille école brésilienne. La fédération brésilienne a souhaité créer une véritable révolution au sein de la sélection brésilienne afin de privilégier les résultats au spectacle. Les dirigeants carioca ont donc trouvé en la personne de Dunga l’homme parfait, à-même de mener à bien cette mission. Dunga, ce n’est pas une carrière en club inoubliable. Il n’a connu aucun grand club européen et est passé entre autres par les rangs de Santos, la Fiorentina et Stuttgart. Dunga, c’est surtout le capitaine de la Seleçao championne du monde en 1994 et vice-championne du monde 1998 !


Image illustration La charnière centrale Lucio-Juan est la base de la formation concoctée par Dunga



En tant que joueur, Dunga, c’était l’homme de l’hombre à la technique modeste mais au sens tactique fantastique qui permettait à l’équipe brésilienne de toujours garder les pieds sur terre. On peut le comparer à notre Didier Deschamps national, un joueur pas phénoménal mais au charisme et à l’importance incontestable. Tel joueur, tel entraineur. Dunga n’a pas renié depuis sa retraite sportive les valeurs qui l’ont mené au sommet. Il s’inscrit dans la droite lignée de ces entraineurs modernes privilégiant le pragmatisme à la qualité. José Mourinho est l’icône de cette nouvelle " race " d’entraineur.

Depuis sa prise de fonction à la tête de la sélection auriverde, Dunga a donc révolutionné en profondeur le jeu de la Seleçao. Exit les bêtes de cirques que sont Ronaldinho, Adriano, Ronaldo, Denilson ou Diego. Dunga ne veut plus qu’on joue à la baballe au Brésil. Il veut avant tout ne pas prendre de but et saisir toutes les occasions de but ! Depuis 2006, nous avons donc en face de nous une Seleçao attentiste, assénant par intermittence des attaques assassines. Evidemment, les critiques n’ont pas tardé à tomber dans le pays de Pelé, Zico, Socrates et Romario. Le brésil ne peut pas renier sa nature profonde philosophique. Le football défensif pratiqué par les brésiliens de Dunga est hors-nature. L’efficacité et l’obligation de résultat ne doit pas nuire au patrimoine sportif brésilien. A la manière du FC Barcelone, le jeu d’attaque est une identité et doit le rester. D’ailleurs, cette tactique a déjà fait ses preuves : le Brésil a été 5 fois champion du monde.



Avec Kaka et Luis Fabiano entre autres, la Seleçao de Dunga ne manque pas d'arguments offensifs !



Voici en résumé l’argumentaire principal des détracteurs de Dunga. Tel un Domenech brésilien, Dunga fait la sourde oreille aux critiques et continue d’avancer tête baissé. Mais contrairement à notre désormais ex-sélectionneur national, les résultats parlent pour l’ex-capitaine du Brésil. Il a remporté en 2007 la Copa America, en 2009 la Coupe des Confédérations et s’est qualifié très facilement pour le mondial sud-africain. Le bilan de Dunga à la tête de la Seleçao est encore plus impressionnant : 59 matchs, 42 victoires, 12 nuls et seulement 5 défaites !! Alors oui, la tactique de Dunga est critiquable. Mais cela fait bien longtemps que l’on n’avait pas vu une équipe du Brésil tant cohérente et si équilibrée. Pour une fois, le secteur défensif est à la hauteur du secteur offensif. Le Brésil semble bien mieux armé pour la victoire finale qu’en 2006 et va tenter de le prouver tout à l’heure a 16h contre les Pays-Bas. Le Brésil de Dunga n’a pas le droit à l’erreur, au risquer de condamner leur sélectionneur.