Coupe du monde 10 Juillet, il y a 4 ans

Finale Espagne Pays-Bas Coupe du Monde 2010

Image Finale Espagne Pays-Bas Coupe du Monde 2010

Paul le Poulpe, le fameux céphalopode a tranché : il a décidé d'accorder sa préférence à l'Espagne pour cette finale de la Coupe du Monde 2010 qui l'opposera aux Pays-Bas. Malgré son statut de favorite et de meilleure équipe du monde, la Roja emmenée par un David Villa, exceptionnel, n'aura pas la tâche facile face aux hollandais, déterminés à rompre le mauvais sort.


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Des hollandais prêts à déjouer les pronostics

Ce mauvais sort, ce sont les deux défaites néerlandaises face à deux pays organisateurs : l'Allemagne de Franz Beckenbauer en 1974 et l'Argentine de Mario Kempes en 1978. L'adage célèbre dit : Jamais deux sans trois. Mais Bert Van Marwijk a prévenu, il n'y aura pas de pression supplémentaire par rapport au passé hollandais : "Nous ne pensons pas au passé. Être ici, en finale, c'est définitivement quelque chose d'unique et nous voulons gagner. Nous avons déjà évacué la demi-finale (3-2 face à l'Uruguay). J'ai avoué avoir pensé, après ce match, à ces deux moments de 74 et 78, mais désormais nous sommes exclusivement concentrés sur cette échéance finale." L'ancien entraîneur du Feyenoord Rotterdam sait qu'il pourra compter sur des joueurs au summum de leur art. Wesley Sneijder, le métronome de l'Inter Milan, meilleur buteur de la compétition avec 5 buts. L'ancien numéro 10 du Real Madrid, a été le principal artisan du parcours des Pays-Bas jalonnés de 6 victoires pour 6 matchs. Excusez du peu ! Ensuite, Arjen Robben, qui a été impressionnant au Bayern semble retrouver son rythme de croisière depuis le huitième de finale face à la Slovaquie. Autre force pour cette équipe, elle sait piquer son adversaire, comme elle l'a fait face à l'Uruguay. Les coéquipiers de Diego Forlan étaient assommés en à peine 5 minutes sur deux actions : l'une de Sneijder, l'autre de Robben, de la tête. Autant dire qu'une baisse de régime de l'Espagne, pourrait être fatale aux vainqueurs de l'Euro 2008. Autre point fort de la sélection hollandaise, il s'agit de son milieu de terrain emmené par Mark Van Bommel, un joueur qui sait casser le jeu au bon moment, couper les velléités offensives adverses à merveille. À défaut d'être séduisant et fair-play dans le jeu, le milieu de terrain du Bayern Munich sait se montrer diablement efficace dans son récital. Les brésiliens ou les uruguayens en savent quelque chose. La solidité défensive était l'une des interrogations principales concernant les Pays-Bas mais mise à part, les deux buts encaissés face à l'Uruguay, Stekelenburg a du s'incliner à deux reprises sur cinq matchs. Sans être transcendante, la formation de Bert Van Marwijk a gravi les échelons, l'un après l'autre. C'est sur ce crédo là, que le sélectionneur batave voudra jouer : "Mes joueurs savent très bien ce qu'ils ont à faire. Je leur dirai simplement de rester eux-mêmes. D'oser... Nous devrons jouer notre jeu, conserver notre style et miser sur nos points forts. Je sens mes joueurs très confiants depuis le début du Mondial. Confiants mais pas arrogants. Face au Japon, à la Slovaquie ou à l'Uruguay, mes joueurs ont su rester humbles pour s'imposer." Le message est clair, les Pays-Bas sont déterminés à faire taire toutes les mauvaises langues et notamment celle de Paul le Poulpe qui la voit perdante face à la grande Espagne. En témoigne, le sentiment du vétéran de cette sélection, Giovanni Van Bronckhorst : "On ne joue pas une finale, on la gagne. Les Espagnols sont très difficiles à jouer. Mais de notre côté, nous sommes affamés et plein de confiance. J'ai surtout envie d'insister sur l'ambiance qui règne dans cette équipe. J'ai 35 ans, j'ai connu beaucoup d'équipes et celle-ci est super au niveau de la camaraderie. En dehors du terrain, ce groupe est génial et cela se répercute en match."




L'Espagne veut SON doublé

Championne d'Europe en titre, meilleure équipe (et de loin) depuis deux ans, l'Espagne veut enfin broder une étoile à sa tunique rouge. La troupe emmenée par Del Bosque veut aussi étoffer le palmarès de la Roja, qui n'a que deux Euros (1968 et 2008) à son actif. Elle en a largement les moyens. Même si on attendait mieux de la sélection ibérique au niveau du jeu, elle a su se montrer efficace et, à l'instar de la Hollande, piquer son adversaire après l'avoir usé en faisant tourner la balle sans cesse. L'Espagne adore avoir le ballon, et malgré que le sélectionneur soit madrilène, on sent la patte du FC Barcelone dans ce jeu espagnol. Cette empreinte est simplement due, au fait, que la Roja compte dans son équipe type 6 blaugranas (Puyol, Piqué, Sergio Busquets, Xavi, Iniesta et David Villa). Ce n'est pas Xavi, le pur produit de la Masia qui nous dira l'inverse. Le numéro 8 du Barca sait que la victoire passera par là : "Il y a des joueurs importants au milieu mais aussi en défense et en attaque. L'équipe qui aura la meilleure possession de balle aura l'avantage. On essaiera de jouer avec notre personnalité, et si on y réussit, on aura fait un bon bout de chemin. Mais les Pays-Bas voudront aussi imposer leur personnalité. Il faudra faire attention aux détails, le jeu des Pays-Bas ressemble de plus en plus au foot espagnol. Je crois que la possession sera la clef du match. On a envie de jouer, envie de gagner, et qu'on voie la meilleure Espagne possible. On a tous les ingrédients pour faire une grande finale. C'est le bon moment pour le foot et les joueurs espagnols, l'Espagne le mérite." Si les hommes de Del Bosque ont le ballon, on ne voit pas comment ils pourraient s'incliner. L'équipe espagnole a très peu de faiblesses, même si sa solidité défensive n'a pas toujours été criante. Casillas, en est un peu le symbole, malgré lui. Auteur d'une saison très moyenne avec le Real Madrid, critiqué par la presse espagnole, "San Iker" ne fait pas l'unanimité. Mais il a su montrer lors des deux derniers matchs, et notamment face au Paraguay, qu'il était sur la bonne voie. On peut donc penser, que le dernier rempart de la Roja sera en pleine possession de ses moyens face aux excellents artilleurs hollandais (Sneijder, Robben, Van der Vaart...). Le secteur offensif espagnol est sans nul doute le meilleur au monde. David Villa en est l'illustration parfaite. Meilleur buteur de la Coupe du Monde 2010, avec 5 buts, le néo barcelonais a su, contrairement à son compère, Fernando Torres, répondre aux attentes. Impressionnant dans ses prises de balles, terriblement efficace dans la surface de réparation, la Maravilla sera le danger numéro 1 à suivre, côté batave. L'autre gros point fort pour la Roja, était une interrogation pendant très longtemps au sein de la sélection ibérique : l'ambiance. On sait que les tensions entre madrilènes et barcelonais ont toujours été présentes, mais cette Coupe du Monde 2010 fait oublier ses rancoeurs. On a remarqué, de plus, des scènes assez cocasses à la veille d'une finale de mondial : les espagnols étaient tout sourire en allant signer des autographes à des fans autour de leur hôtel. L'heure était à la rigolade même dans le Soccer City de Johannesbourg pour l'ultime entraînement à la veille du match le plus important de l'Histoire espagnole. Bien sûr, l'Espagne n'est pas infaillible. Elle peut se faire prendre à son propre jeu, comme ce fut le cas face à la Suisse (0-1). Les helvètes ont effectué le match parfait en saisissant leur chance au bon moment. Malgré la possession de balle ibérique impressionnante, les coéquipier de Diego Benaglio avait dégoûté la bande à Sergio Ramos. Un but casquette avait plongé toute la Roja dans le doute.

L'Espagne est donc certes un obstacle difficile, tant son football est rôdé mais on a remarqué qu'elle a été plus efficace qu'impériale. La machine infernale s'est enrayée lors d'un match. Les Pays-Bas devront s'appuyer sur cette performance de la Nati. D'autant que ces joueurs offensifs pourront faire la différence à tout moment (Sneijder, Robben ou Dirk Kuyt). On attend donc des buts et du spectacle pour cette finale de la 19e Coupe du Monde de l'Histoire. Quoi qu'il arrive de grands joueurs soulèveront le trophée tant convoité, côté Oranje (Van Bronckhorst, Robben, Sneijder...) ou côté Roja (Xavi, David Villa, Casillas...). Paul le Poulpe aura-t-il une nouvelle fois, raison après sa nouvelle prédiction juste pour la consolante entre l'Uruguay et l'Allemagne ?... Réponse dans 24h.

Chris14