Quel exploit de l’Olympique Lyonnais !!! Les Gones ont été cherchés leur qualification au prix d’une superbe deuxième période. On leur prédisait un cinglant 3-0, dixit Sergio Ramos : « Nous allons gagner 3-0, et le public nous soutiendra à nouveau comme samedi face au FC Séville (3-2). » On leur promettait aussi l’enfer dans l’antre de Santiago Bernabeu. Mais celui-ci n’a duré que 45 minutes. Le Real tombe de très haut et apprendra à ses dépens que le match ne se gagne pas dans la presse mais sur le terrain.

« Nous jouons très bien et devenons de plus en plus forts. Nous connaissons déjà Lyon, c’est une équipe solide. Mais nous jouons chez nous et au Santiago Bernabéu, c’est le Real Madrid qui commande. » lançait Cristiano Ronaldo avant cette rencontre. Cette déclaration se vérifiait immédiatement sur les premières minutes de la partie. Les rhodaniens subissaient la pression des merengues qui allaient rapidement trouver la faille. Sur une excellente ouverture de Guti, Cristiano Ronaldo prenait le meilleur sur la défense lyonnaise et ouvrait le score d’une belle frappe croisée entres les jambes de Lloris (6’, 1-0). Incapables de garder le ballon et imprécis dans les phases de jeu, les hommes de Claude Puel paraissaient mal embarqués dans cette première mi-temps d’autant que Kakà , suite à un bon une-deux avec Cristiano Ronaldo faisait passer quelques frissons à la défense des Gones emmenée par une charnière Cris-Boumsong complètement dépassée. Malheureusement, le tir enroulé du brésilien était capté en deux temps par un Hugo Lloris vigilant (10’). Et les lyonnais dans tout cela ?... Pas grand-chose si ce n’est une tentative de Jérémy Toulalan, qui rasait le montant d’Iker Casillas (18’). Bien maigre pour pouvoir inquiéter un Real impérial. Quelques minutes plus tard, Gonzalo Higuain, bien lancé dans le dos de la défense lyonnaise, dribblait parfaitement Lloris et frappait dans le but vide. Mais c’était sans compter sur un coup de pouce capricieux du poteau qui renvoyait la tentative de l’argentin. Le pire était évité pour l’OL. Cette énorme occasion va réveiller les lyonnais qui s’étaient empêtrés dans une léthargie plus que préoccupante. Le buteur et héros du match aller, Jean II Makoun topait trop sa frappe suite à un beau centre de Sidney Govou (36’). Quel dommage pour le camerounais et ses coéquipiers. Pourtant, ce réveil sera de courte durée. Les hommes de Pellegrini reprenaient les commandes du jeu et Higuain était à quelques centimètres d’offrir le break aux merengues. La tête de l’argentin méritait un meilleur sort mais les dieux étaient lyonnais en cette première mi-temps. Le Real pouvait regretter de ne pas avoir su assommer son adversaire lyonnais qui ressemblait plus à une bête tourmentée qu’à un fringuant roi des animaux.

Le moins que l’on puisse dire sur la première mi-temps, c’est que les rhodaniens sont passés complètement au travers avec une possession et surtout une utilisation du ballon indigne de son match aller à Gerland. La seconde période sera toute autre. Les coéquipiers de Cris entamaient ce second acte avec un tout autre esprit. Fini les assauts madrilènes répétés, fini le bloc acculé dans ses 35 mètres. Les joueurs de Puel pressaient haut et se montraient plus percutant dans les phases offensives. Gonalons, à peine entré en jeu était tout proche de l’égalisation sur une belle tête non cadrée suite à un beau service de Cesar Delgado qui a rendu du reste, une belle copie ce soir (48’). Govou, sur un magnifique centre en retrait de Kim Kallstrom enlevait trop sa frappe du pied gauche qui s’envolait dans les nuages de cette nuit madrilène (52’). Lisandro effectuait une frappe somptueuse aux 25 mètres, mais celle-ci était boxée par Casillas (55’). On croyait que la chance de Lyon était passée d’autant que sur le contre, Kakà se montrait menaçant sur un bon mouvement amorcé par Cristiano Ronaldo, très actif jusque là . Mais mystérieusement ou à cause du pressing incessant des lyonnais, le portugais et ses coéquipiers vont disparaître de la circulation. Plus aucune occasion de but à signaler jusqu’à cette 75e minute si belle pour les uns et si cruelle pour les autres. Sur une remontée de balle des Gones, Kallstrom trouvait Delgado qui remisait pour Lisandro Lopez. Licha effectuait un amour de déviation pour Miralem Pjanic qui contrôlait et ajustait le portier du Real pour marquer ce but tellement précieux. Le bosniaque pouvait savourer sa revanche. Lui qui était passablement enervé par l’arrogance des merengues : « On a vu qu’ils avaient beaucoup parlé dans la presse. Ça nous a énervé, c’est un manque de respect. En début de match, on a eu du mal. Mais on a bien tenu, on a fait un bon match. On aurait d’ailleurs pu marquer un deuxième but après en fin de match. » La banc lyonnais pouvait exulter. Les hommes de Pellegrini étaient plongés dans la stupeur et se voyaient contraints de marquer deux buts en 15 minutes. Pas de quoi faire peur au grand Real ? Pas de quoi faire peur aux 250 millions d’€ investis par Florentino Perez ? Et pourtant, les merengues vont se casser les dents sur des lyonnais héroïques, fantastiques, galactiques. Le bloc lyonnais ne craquait pas, Boumsong, Cris ainsi que Toulalan anihilaient toutes les action chaudes dans la surface d’Hugo Lloris qui passait pour le coup, une deuxième mi-temps tranquille. C’est même les lyonnais qui avaient la possibilité de corser l’addition. Mais ni Lisandro (90’) qui croisait trop sa frappe ni Delgado (90 + 2’) qui enlevait trop la sienne ne trouvaient la faille. Que pouvait-on leur reprocher après un match aussi fantastique de leur part ?... Claude Puel parlait d’un exploit juste après le match : « On peut considérer que c’est un exploit surtout compte tenu de la physionomie de la rencontre. On a évité le pire en première mi-temps. Ensuite, on a eu beaucoup de pépins, deux blessures musculaires. On a du tout modifié tout notre schéma de jeu. Mais eux qui sont entrés sur le terrain, on était parfaits. Il faut féliciter les joueurs, ils sont allés au bout d’eux-mêmes. Ils ont fait une super seconde période. C’est mérité sur cette deuxième mi-temps. Avec Mire (Pjanic) derrière Lisandro, on a notamment eu davantage de liant. »
Cette victoire est historique pour l’OL, c’est incontestablement le plus grand exploit de l’Histoire des Gones. Si Bordeaux parvient à se défaire de l’Olympiakos, deux clubs français seront en quarts de finale de la Ligue des Champions. Une telle performance n’était pas arrivée depuis 2004 où Monaco et Lyon était parvenu à se hisser à ce niveau de la compétition. En tout cas, les joueurs lyonnais peuvent être fiers de leur match car ils ont montré à toute l’Europe qu’on avait beau aligner les millions d’€, les phrases acerbes dans la presse, l’irrespect total de l’adversaire et un manque criant d’humilité, la vérité n’existe que dans un seul endroit, le terrain. Une leçon à méditer pour les madrilènes qui se voyaient (peut-être) trop beau dans cette coupe aux grandes oreilles. La presse espagnole invitait Manuel Pellegrini, à démissionner avec Marca qui titrait un flinguant "FUERA" au lendemain de cette défaite du Real. Mais le coach chilien ne l’entendait pas de cette oreille : « On aurait dû faire la différence en première période pour aborder la seconde avec davantage de sérénité. En deuxième, il y a eu plus d’actions individuelles, notre jeu s’est étiolé et Lyon a su marquer le but de la qualification. J’ai déjà dit par le passé que je ne démissionnerai pas. Ce n’est que le début de l’aventure, ce serait absurde. C’est un faux pas important car on avait envie d’aller loin dans cette compétition. » Les semaines à venir s’annoncent houleuses du côté de la capitale espagnole.
Chris14
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