Le PSG peut se mordre les doigts. Les joueurs de la Capitale se sont inclinés face à des Girondins de Bordeaux qui sans être flamboyants ont montré des valeurs mentales étonnantes. En témoigne, leur joie énorme en fin de match. Car, les coéquipiers de Carasso (impressionnant ce soir) n’ont pas eu la tâche facile face à des parisiens qui méritaient sans doute autre chose dans cette partie.

Une entame complètement parisienne
Pour cette rencontre, Antoine Kombouaré ne proposait pas de surprise dans sa composition de départ. Un 4-4-2 classique avec Hoarau et Erding, Néné et Sessegnon préposés aux ailes, Bodmer et Makélélé à la récupération. Coupet dans les cages avec devant lui, Sakho et Camara en charnière centrale et Jallet et Ceara en latéraux. Les visiteurs du jour évoluaient en 4-5-1 densifié au milieu du terrain. Gouffran était seul en pointe, soutenu par Jussié, Wendel et Plasil. Diarra et Fernando était chargés de rendre propres les ballons tandis que Carasso effectuait son retour dans une défense composée de Sané et Ciani dans l’axe et de Chalmé et Trémoulinas sur les côtés. Les joueurs de la capitale laissaient volontiers le ballon à leur adversaire mais les aquitains nous offraient un festival d’imprécisions techniques. Du coup, les parisiens exploitaient les moindres brèches qui s’offraient à eux. À la faveur d’un pressing haut, ils empêchaient toutes velléités bordelaises. Sur un superbe passe en profondeur de Mathieu Bodmer, Guillaume Hoarau se trouve seul face à Carasso mais sa frappe bute sur le portier girondin (11’). Les parisiens déployaient un jeu très attrayant et acculaient les hommes de Tigana dans leur camp. Ceux-ci perdaient beaucoup trop vite le bénéfice du cuir. Si bien que le PSG appuyait sur l’accélérateur : Ceara, bien décalé par Néné envoie un tir à côté du poteau bordelais. Les joueurs du PSG se mettaient le Parc des Princes dans la poche. Bordeaux ne parvenait pas à apporter une réplique à cette domination des hommes de Kombouaré. Sessegnon, profitait d’un coup franc magnifiquement botté par Néné pour tenter la reprise de volée. Carasso était battu mais la tentative du béninois était hors du cadre (24’). Néné, intenable sur son flanc gauche se jouait de la défense girondine avant de mettre sur orbite Marco Ceara qui manquait son centre (26’). Le brésilien se montrait dangereux sur un coup franc aux 30 mètres qui n’inquiétait pas Carasso. Le PSG poursuivait sa domination sans partage. Erding prenait le meilleur sur Ciani au prix d’un superbe passement de jambes, mais manquait de clairvoyance pour Néné, qui était esseulé au second poteau (34’). Quelques secondes plus tard, le turc bénéficiait d’un bon service d’Hoarau mais poussait trop loin son ballon pour le mettre au fond des filets. Les bordelais étaient complètement absents. C’est le moment que choisissait Gouffran pour sonner la révolte des Girondins. L’ex caennais déposait Camara avant de centrer pour Jussié qui manquait son contrôle (38’). Il récidivait quelques instants plus tard, avec un débordement qui laissait sur place Ceara mais son centre était coupé par Jallet alors que Wendel avait déjà armé la volée. Mais cette première période était largement à l’avantage des joueurs de la capitale : une double occasion parachevait le premier acte plein de la part des parisiens. Erding échouait sur Carasso, impeccable pour sa reprise et Sakho n’attrapait pas le cadre (45+1’).

Bordeaux reprend de bonnes habitudes
On ne change pas une équipe qui gagne. Ni une tactique... Les joueurs du PSG s’évertuaient à presser haut des girondins en panne d’inspiration. Erding voyait sa tentative contré par Carasso (encore une fois) à la 54e minute. Fernando répliquait de manière très timide sans menacer Greg Coupet (57’). Les parisiens reprenaient les mêmes principes que la première période avec un jeu fluide initié par Néné mais encore une fois, Trémoulinas effectuait un tacle salvateur devant Stéphane Sessegnon (60’). Plus rien à signaler jusqu’à la 67e minute, où Alou Diarra profitait d’un corner pour montrer toute la splendeur de son jeu de tête. Coupet ne pouvait rien, Paris était puni pour son manque de réalisme (0-1). Les parisiens semblaient assommés par ce but aussi inattendu que beau. Mais le jeu finit toujours par l’emporter à un moment ou un autre. Antoine Kombouaré décidait de faire entrer du sang neuf : Giuly, l’ex monégasque apportait toute sa vitesse et sa combativité. Sur l’un de ses premiers ballons, le natif de Lyon donnait à Hoarau qui lui redonnait instantanément. Le premier rendait la politesse au second qui ne se faisait pas prier pour permettre à son club de revenir à la marque. Néné et Hoarau (78’ et 79’) testaient la vigilance de la défense bordelaise qui tenait le coup malgré une agressivité exacerbée notamment en début de match. Ce sont pourtant les girondins qui terminaient mieux cette partie. On sentait que les parisiens n’avaient plus d’essence dans le moteur. Gourcuff, tout juste entré en jeu, déposait le ballon sur la tête de Modeste, complètement oublié au second poteau mais ça partait au-dessus. Quelle occasion pour l’international espoir (81’). Le PSG se montrait aussi dangereux que maladroit. Néné à la 82e minute, manquait le cadre et dévissait totalement sa frappe sur une magnifique offrande d’Hoarau (89’). À force de ne pas se montrer réaliste, le PSG s’exposait à des contres ou coups de pied arrêtés assassins. Et ce qui devait arriver, arrivait. Sur un ultime corner obtenu et frappé par Gourcuff, Ciani s’élevait plus haut que la défense parisienne pour achever des parisiens désemparés. Une victoire au forceps mais une victoire obtenue avec les tripes. Un succès acquis aussi sur ce qui était une véritable mine d’or côté girondin, depuis trois ans : les coups de pied arrêtés. Rappelez-vous des coups de têtes salvateurs de Chamakh ou Diarra sur un service de Gourcuff. Les parisiens ont manqué de réalisme (comme souvent) aujourd’hui et perdent trois points qui étaient largement à leur portée. Comme à Lille, la semaine dernière, des points à priori faciles s’envolent pour les joueurs de la Capitale.
Bordeaux se rassure après un début de saison ô combien compliqué. Le PSG fait du surplace malgré un fond de jeu convaincant. Hoarau et surtout Erding et Néné devront retrouver leur efficacité pour faire replonger le Paris SG vers les sommets de la Ligue 1. Pour aussi ne pas retomber dans une crise (malheureusement) trop fréquente ces dernières années...
Chris14
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